La paire GBP/USD est en baisse pour le quatrième jour consécutif. Les raisons derrière le recul de la livre ne sont pas difficiles à identifier, mais je considère tout de même qu’une perte de 250 points en moins de quatre jours pleins est excessive. Je ne conteste pas que la crise politique au Royaume-Uni soit un facteur. La possible escalade de la guerre au Moyen-Orient en est un autre. L’inflation élevée aux États-Unis et le renforcement des anticipations hawkish du marché concernant la politique monétaire de la Federal Reserve jouent également un rôle. Cependant, la Fed n’a pas encore envoyé le moindre signal laissant envisager un durcissement de sa politique. La hausse de l’inflation était attendue par pratiquement tous les experts et elle ne se limite pas aux États-Unis. La Bank of England et la BCE sont prêtes à relever leurs taux lors de leurs prochaines réunions. Les crises politiques en Grande-Bretagne au cours des 10 à 15 dernières années sont devenues monnaie courante. Il y a eu au moins quatre risques d’escalade au Moyen-Orient rien que sur les deux dernières semaines.
À mon avis, le marché avait intégré un certain optimisme concernant le conflit au Moyen-Orient ces dernières semaines et intègre désormais du pessimisme parce que cet optimisme ne s’est pas concrétisé. Malgré tout, je pense que la baisse de la livre a été excessivement brutale. L’euro a désormais atteint une zone de déséquilibre haussière, tandis que la livre sterling a atteint le déséquilibre haussier 18. Ce déséquilibre avait déjà été testé auparavant, mais il peut y avoir plus d’une réaction à un même schéma. À l’heure actuelle, l’euro comme la livre ont atteint des zones de support, et je m’attends donc à une réaction à partir de ces niveaux et à une nouvelle impulsion haussière. Si ces schémas sont invalidés, il deviendra difficile de nier la dynamique baissière.

La situation concernant le règlement du conflit au Moyen-Orient est totalement au point mort et les traders ne savent pas dans quelle direction le pendule va osciller. Aujourd’hui, il peut pencher du côté des acheteurs, demain du côté des vendeurs. C’est exactement le tableau que nous observons ces dernières semaines. Pour l’instant, la confiance dans une paix au Moyen-Orient et dans la levée du blocus du détroit d’Ormuz s’estompe progressivement.
À mon avis, la tendance globale reste haussière malgré les fortes baisses de la paire cette année. Le cessez-le-feu au Moyen-Orient est actuellement fragile, mais il existe toujours. Naturellement, le marché ne peut pas s’appuyer indéfiniment sur des informations qui ne sont pas confirmées par les faits. Le détroit d’Ormuz reste sous double blocus et, bien que Téhéran et Washington œuvrent à sa levée depuis plusieurs semaines, aucun résultat concret n’a encore été obtenu. La situation alterne entre amélioration et détérioration. Il y a environ un mois, les marchés affichaient un fort optimisme, mais cet optimisme a désormais été remplacé par des conditions plus objectives.
Le tableau technique actuel est le suivant : le déséquilibre haussier 18 reste en place et peut provoquer une réaction susceptible de relancer la livre. Si cette configuration est invalidée, la baisse peut se poursuivre et, dans ce cas, nous commencerons à parler d’une véritable tendance baissière. Après l’effondrement de cette semaine, un déséquilibre baissier se formera, ce qui permettra d’ouvrir des positions vendeuses. Cependant, pour moi, le déséquilibre 18 reste pour l’instant le facteur le plus important.
Les statistiques économiques publiées vendredi ont aidé les vendeurs à pousser légèrement plus bas, même si leur élan s’essouffle également. Les volumes de production industrielle en avril ont augmenté de 0,7 % sur un mois et de 1,4 % sur un an, des chiffres supérieurs aux attentes du marché. Toutefois, la livre reculait déjà depuis jeudi, de sorte que le rapport sur la production n’a pas été le moteur principal de la vigueur du dollar.
Aux États-Unis, le contexte macroéconomique général reste tel qu’à long terme, il ne faut s’attendre à rien d’autre qu’à une baisse du dollar. Même le conflit entre l’Iran et les États-Unis ne change pas grand-chose. Pendant deux mois, la géopolitique a temporairement rappelé au marché le statut de valeur refuge du dollar, mais dans l’ensemble, les perspectives à long terme pour le billet vert demeurent compliquées. Le marché de l’emploi américain continue de s’affaiblir, l’économie se rapproche de la récession, et la Fed — contrairement à la BCE et à la Bank of England — n’envisage pas de resserrer sa politique monétaire en 2026. À travers les États-Unis, quatre grands mouvements de protestation contre Donald Trump ont déjà eu lieu, et le départ de Jerome Powell ne ferait qu’aggraver la situation pour le dollar si le FOMC, sous la direction de Kevin Warsh, adoptait une position plus accommodante. D’un point de vue économique, je ne vois aucun fondement à une hausse du dollar.
Calendrier économique pour les États-Unis et le Royaume-Uni :
Le calendrier économique du 18 mai ne contient aucun événement notable. Le contexte macroéconomique n’aura donc aucune influence sur le sentiment de marché lundi. En revanche, de nouveaux développements géopolitiques peuvent apparaître au cours du week-end.
Prévisions et recommandations de trading pour GBP/USD :
Pour la livre, les perspectives à long terme restent haussières. Le "Three Drives Pattern" a averti les traders du début d’un mouvement de hausse, et depuis, trois configurations haussières et trois signaux haussiers se sont formés. Cette semaine, la géopolitique a porté un coup à l’optimisme des acheteurs, mais ceux-ci ont encore une chance de conserver l’initiative grâce au déséquilibre 18. Mon objectif pour la livre reste le plus haut de 2026 à 1,3867. Je ne commencerai à envisager une tendance baissière que si le déséquilibre 18 est invalidé. Dans ce cas, les configurations baissières entreront en jeu.